Notre conception de la toxicomanie

Notre conception de la toxicomanie est basée sur les concepts de Stanton Peele qui dit que l'assuétude ou dépendance n'est pas causée par la substance elle-même. Elle est causée par l'effet produit par une substance, chez une personne donnée et dans des circonstances particulières. L'effet recherché est de supprimer l'angoisse. Cependant, l'assuétude diminue aussi la capacité à faire face à la vie. Ce à quoi nous devenons dépendants, c'est l'expérience que nous fait vivre le psychotrope.

Les substances auxquelles nous sommes les plus susceptibles de devenir dépendants ont toutes en commun de diminuer les sensations de douleur ou la perception des difficultés en rendant l'individu moins apte à affronter ces mêmes difficultés. C'est ainsi que se déclenche le cycle de l'assuétude. Quand la personne fait usage d'alcool et/ou de drogues pour éviter de faire face à la réalité, elle devient de moins en moins apte à surmonter ses problèmes et elle a de plus en plus peur de les affronter. Voilà pourquoi les personnes toxicomanes se tournent encore davantage vers l'usage de psychotropes pour obtenir les satisfactions qu'ils ne trouvent plus dans la vie.

Une personne est vulnérable à développer une assuétude si elle est insatisfaite de sa vie. Entre autres, le fait de n'avoir aucune intimité ou lien significatif avec d'autres personnes, un manque de confiance en soi ou l'absence de centres d'intérêt, sont tous des motifs pouvant conduire les individus à perdre espoir en la vie.

Dans ses travaux, Stanton Peele a identifié 4 principaux critères pouvant nous signifier qu'il y a bien une assuétude.

  1. L'assuétude est un continuum :

    L'assuétude n'apparaît pas et ne disparaît pas du jour au lendemain. Elle se développe graduellement, fluctue au fil des ans selon les événements de la vie et la façon dont la personne se développe.
  2. L'assuétude détourne la personne de tous ses autres centres d'intérêt :

    Quand l'assuétude est installée, la personne ne peut plus s'occuper de rien et ne s'intéresse à rien d'autre. Par exemple, la consommation et la façon de s'en procurer devient sa seule préoccupation et toute sa vie est organisée en fonction de cela.
  3. L'assuétude n'est pas une expérience agréable :

    L'assuétude est installée quand le but premier de la consommation est de supprimer l'angoisse, la peur, la peine, etc. La notion de plaisir disparaît et il s'agit réellement d'une fuite.
  4. L'assuétude est l'incapacité de ne pas faire quelque chose :

    Je ne peux m'empêcher de consommer, parfois, par tous les moyens. Je ne peux m'empêcher de mentir, de voler, de tromper pour consommer. Je ne peux m'empêcher de continuer malgré les conséquences.

Finalement, les clients admis au Pavillon peuvent faire face à une dépendance physique (lorsque le corps est en manque et qu'il y a symptômes de sevrage) et/ou psychologique (lorsque le malaise psychologique augmente à l'arrêt de la consommation). Il y aura alors une obsession de consommer parce que le client est convaincu de ne pas pouvoir faire face à la vie sans consommer. Il appréhende les difficultés, entretient des pensées irréalistes et est intolérant face à ses états émotionnels.

Cycle de l’assuétude

cycle

« Les substances... ont pour effets d'atténuer les sensations de douleur et la perception de difficultés de la vie chez l'individu, tout en le rendant moins capable d'affronter ces difficultés. C'est ainsi que se déclenche le cycle de l'assuétude. » Stanton Peel